Was ist Medienkunst?

Qu’est-ce que l’art médiatique pour nous ?

Art médiatique : définition

Jusqu’à la fin du XXe siècle, on distinguait les « anciens médias » (photographie, cinéma) des « nouveaux médias » (vidéo, ordinateur). La notion relevait avant tout de la définition que Marshall McLuhan en avait donnée en 1964 dans son livre Understanding Media : The Extensions of Man (titre français : Pour comprendre les médias), où il qualifie les médias de « n’importe quelle extension de nous-mêmes ». Cette définition s’inscrit dans une longue tradition, allant d’Ernst Kapp (Die Organprojektion, 1877) à Sigmund Freud (Malaise dans la civilisation, 1930). La roue, par exemple, est l’extension de la jambe, les microscopes et les télescopes sont des extensions de l’œil, et l’ordinateur est l’extension du système nerveux, pour reprendre le propos de John von Neumann dans son livre The Computer and the Brain (1958).

De nouvelles disciplines apparues dans la seconde moitié du XXe siècle, telles que les études sur les automates, la cybernétique, les technologies de l’information et de la communication et l’intelligence artificielle, ont progressivement élargi la définition des médias. Aujourd’hui, nous définissons les arts médiatiques comme une forme d’art qui doit remplir l’une des trois conditions suivantes : production sur la base de composants technologiques, distribution sur la base de composants technologiques, réception sur la base de composants technologiques. Les journaux et les photos sont produits à l’aide de machines à imprimer et d’appareils photos, mais les résultats sont visibles à l’œil nu. Même les manuscrits sont écrits mécaniquement, à la machine à écrire. La musique est jouée par un gramophone, un magnétophone ou un tourne-disque. C’est pourquoi le titre du livre du théoricien des médias Friedrich Kittler est Gramophone, Film, Typewriter (1999). Dans tous ces cas, les œuvres ont été produites avec des machines, des instruments et des appareils, enregistrées puis reproduites. C’est là que nous entrons dans le domaine de la distribution et du stockage. La radio et la télévision sont clairement des exemples de production, de distribution et de réception basés sur des composants technologiques. La vidéo et le film ont besoin d’appareils techniques pour leur réception par les téléspectateurs, l’écran et le projecteur. Le film et la vidéo sont rattachés à un lieu, les œuvres ne sont pas distribuées à l’aide de machines comme c’est le cas pour la radio et la télévision. Aujourd’hui, avec Internet, nous avons des ordinateurs pour la production et la diffusion de l’information, et nous avons encore des ordinateurs, des téléphones portables et d’autres appareils pour recevoir l’information. Nous vivons désormais dans une boucle fermée de production, de circulation et de réception de l’information à l’aide de dispositifs techniques. Les médias sont devenus un environnement d’informations.

Les technologies de stockage et d’enregistrement jouent un rôle important dans la caractérisation des trois conditions mentionnées plus haut. Elles constituent une quatrième condition, car ce sont les caractéristiques technologiques du stockage qui définissent les options et possibilités des médias. En photographie, l’information est stockée chimiquement, comme sur les pellicules traditionnelles. Ces informations enregistrées ne peuvent pas être modifiées, seulement effacées. L’information stockée magnétiquement sur bande audio et vidéo peut être retraitée. Le stockage électromagnétique et électronique a donc ouvert la voie au libre arbitre. Les informations stockées électroniquement peuvent être modifiées. L’image devient un ensemble de variables dont la valeur peut être définie par le programmeur. Les images de synthèse et l’infographie ont introduit et interposé des interfaces entre l’homme et la machine. L’interface utilisateur graphique a fourni un nouveau modèle de communication homme-machine. Le domaine des interfaces s’est étendu, par exemple, aux capteurs, qui recueillent des informations dans l’environnement et les transmettent à d’autres appareils.

La rupture avec les supports traditionnels s’est produite dans la seconde moitié du XXe siècle avec l’apparition des supports d’enregistrement et de projection magnétiques et électroniques. L’ordinateur allie calculatrice, machine à écrire, machine à remonter le temps, machine à images et machine à sons. Les arts basés sur des composants technologiques ont convergé en une machine universelle.

Avec l’ordinateur, le contenu des médias précédents – par exemple les mots, les images, les sons – s’est transformé en données. Aujourd’hui, les médias sont devenus un langage universel, un support universel de production, de distribution, d’échange, de stockage et de réception des données. Assistés par des capteurs et des interfaces, en tant que récepteurs et effecteurs, soutenus par des algorithmes et l’intelligence artificielle comme principes directeurs, les médias sont désormais devenus un système expert, construit sur des dispositifs électroniques et l’administration des données.

La technologie n’est pas seulement un vecteur, c’est aussi un phénomène doté d’un vaste pouvoir de transformation, qui induit des changements paradigmatiques dans la science, la gouvernance, la santé, les systèmes fiscaux, les infrastructures, l’agriculture, la génétique reproductive, les télécommunications, etc. C’est ce pouvoir transformateur, qui touche à toutes les questions sociales, scientifiques ou purement artistiques, qui définit l’art médiatique et le distingue des autres formes d’art.

L’art médiatique ne prend pas nécessairement la forme d’un objet, d’une installation ou d’un artefact. Son caractère insaisissable est basé sur le médium éphémère et totalement immatériel qu’il utilise. Par exemple, l’art médiatique peut être basé sur un logiciel et accessible uniquement sur des écrans d’ordinateur ; la présence matérielle ne définit pas le statut ontologique d’une œuvre d’art médiatique. Il est donc juste de parler de l’art de la programmation, de l’art du codage, de l’art algorithmique, etc.

L’art médiatique est activisme, par exemple lorsque, par le biais de la technologie et en rapport avec elle, il critique le manque de transparence dans les décisions politiques ou le non-respect des minorités, dans le but d’influencer l’opinion publique et les possibilités législatives.

L’art médiatique est performatif. Il est participatif et interactif. Sans l’action des personnes extérieures, qui mettent l’œuvre en mouvement, l’œuvre d’art n’existerait pas. L’art médiatique doit être activé. Par conséquent, avec cette forme d’art, nous ne nous référons plus à la personne qui observe, mais à celle qui utilise. L’art médiatique est l’art de l’utilisateur.trice. C’est désormais elle ou lui la raison d’être de l’œuvre d’art médiatique. Sans utilisateur.trice, l’œuvre d’art médiatique n’existe pas. L’œuvre d’art ne voit le jour que dans l’interaction. Or cette interaction physique modifie radicalement le statut ontologique de l’art. Comme nous l’avons vu plus haut, dans les médias électroniques, l’information est stockée virtuellement, et l’image devient ainsi un champ de variables. Mais ensuite – après la virtualité du stockage et la variabilité du contenu –, nous réalisons que l’œuvre électronique ou numérique se comporte différemment. Elle se comporte comme un organisme vivant. On peut donc parler de la viabilité du comportement de l’œuvre d’art médiatique. Par cette nouvelle distinction entre œuvres d’art traditionnelles et œuvres d’art médiatique, nous entrons dans l’ère de l’art numérique, de la réalité augmentée, virtuelle ou mixte, et aussi dans le champ du bio-art.

Les arts médiatiques sont donc socialement engagés. Ils cartographient constamment l’impact de la technologie sur les sociétés, mettent en évidence les scénarios à caractère technologique déjà existants ou suggèrent des scénarios fictifs qui contribuent déjà au changement social ou qui pourraient le faire dans le futur.

L’art médiatique ne relève d’aucun média particulier, il est rentré dans l’époque de « la condition post-médiatique » (Weibel, 2006), où « aucun médium n’est plus dominant, mais tous les différents médias s’influencent et se déterminent les uns les autres ». L’art médiatique est aujourd’hui universel.

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